L'ÉTRANGER
Je
n’avais ni ses yeux, ni sa voix, ni son pas,
Et comme dans un miroir, nous nous sommes rencontrés.
Il m’a donné mon nom, mes rêves, mes feux de joie
Et a banni mes peurs, mes larmes, mes frontières.
Ô ce fruit défendu, ô cet autre moi-même !
Ami, ne me condamne pas si j’ai franchi le pas
Qui mène vers sa lumière !
Loin des guerres qui grondent,
Loin de ce temps où je n’étais qu’une ombre,
J’inscris, tout au fond de ma chair,
La force du lien
Qui féconda mes jours.
MARIN-ZETTELMEIER Agnès