LAURÉAT(E)S Jeu-Concours 2005
"L'OMBRE"



Ombre, flamme éteinte
Tu portes dans le son
de ton nom
le frisson
de l'homme qui a perdu son empreinte.


Francis VAQUETTE



L'OMBRE

Quand l'hiver pousse son vent coulis
le long des portes vermoulues
les frissons de la nuit réveillent doucement
une ombre endormie
dans le linceul de la poussière.
L'âme réanimée dépose sur la table
les morceaux de phrases interrompues par l'absence
où le souffle de sa voix passe
à regret
pour finir de sécher les larmes de salpêtre
glissées le long des murs noircis.

Seule
de l'amitié perdure
une tache de vin figée dans le bois
que le froid décolore
dans les veines du temps.

Paul REYTER



OMBRALGIE CHRONIQUE

Accrochée au roc sec du désert criant sa détresse
elle attaque l'âpre éclat tropical

Frôlée par les vagues lascives de la flamme
elle batifole au souffle de la destruction incandescente

Assourdissante source serrée en mon sein
elle m'enlace et me dessine et jamais ne me lâche

Toujours je glisse sur la lisière abrupte de mon ombre

Claude MESSAGER



Mention spéciale :


CADRANS SOLAIRES

Depuis l'aube des temps, l'horloge naturelle,
Sans répit, sans cadran et sans graduation,
Accomplit tous les jours sa lente rotation
Avec une rigueur pesante et solennelle.

Chaque instant m'a donné des blessures cruelles,
Et quel que soit le lieu où l'on plante un bâton,
Le soleil marquera sans une hésitation
Les souvenirs heureux, les peines éternelles.

Etait-il donc besoin d'assigner à demeure
Ce manège sinistre où se meurent les heures,
Pourquoi dans le détail vouloir tant s'enliser ?

Jours et nuits ont passé, bonnes ou males heures,
Etait-il tant besoin de matérialiser
Ces cadrans éternels où l'ombre sonne l'heure ?

Alain GURLY

et

Fin de repas -
la cruche de grès
se remplit d'ombre

Damien GABRIELS