REGARD
Se taire : une mort.
Plus tard la souffrance s’apaise, il y a une fenêtre.
Le jour.
Est-ce l’espoir ? Je peux refermer la porte, doucement
pour ne pas déranger ton image.
Je sais qu’elle ne s’en ira pas,
que tu seras là, toujours, si je l’ouvre, inclinée, absorbée
que tu ne verras pas mes yeux, fixer cet instant :
l’embrasure étroite comme la vie,
où, par avance,
tu restes pour moi gravé
dans le silence de la mémoire.
Tu marches dans ma mémoire.
Tu marches, tu viens à ma rencontre.
Chaque jour je traverse cette ville,
chaque jour j’ai peur
de ne plus te revoir, de rester seule,
sans plus rien qui commence,
perdue dans le souffle arrêté du matin.
Karine DURUISSEAU
(Prix spécial du Jury)