Tu ne sauras jamais le bleu de mes paupières,
L’incarnat de mes lèvres, oh, mon amour aveugle !
Tu ne connaîtras pas le sombre de ma peau,
La lumière dorée de mes cheveux défaits…
Mais quand tes doigts légers me lisent et m’explorent,
Lorsque tes paumes fraîches me sculptent, me modèlent,
Le regard de tes mains me perce jusqu’à l’âme.
Anick BAULARD
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La nuit venue
La nuit venue
la nuit rassemble les regards perdus dans la solitude des gares
les regards oubliés aux vitres froides des départs
la nuit venue
la nuit les emporte dans sa traîne
et la nuit venue
la nuit éteint l'indifférence du monde
dans le regard des étoiles
Alain BENITO
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REGARD
Mon regard erre
Dans un idéal
Le temps d’un intervalle
Les yeux grands ouverts
Tout en zigzag
Dans l’espace imaginaire
Sans intercalaire
Au hasard il divague
A perte de vue
Fuyant sans bruit
Ces riens qui l’ennuient
Ni vu ni connu
Nul droit de regard
Sur son terrain vague
Son inutile il l’élague
N’osez pas y croire !
Josiane BOUCOIRAN
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REGARD
de vos yeux de chatte
vous écartâtes les cils
fronçâtes les sourcils
et me regardâtes
vint un sourire
et vos sourcils s'écartèrent
vos cils s'unirent
et me ravirent
l'univers
gris exquis de vos yeux
Jamal BOUMAHDI
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IL ETAIT…
On y voyait l’azur
et des pépites d’or.
On y lisait l’amour
par ses cils balayés.
Il était flamboyant
aux lumières de la vie,
pétillant dans la joie
aux jours de plénitude.
Il se chargeait de gris
aux orages naissants,
s’embuait de tristesse
au cortège des jours.
Mélancolique et doux :
Il était son regard !
On y voyait l’azur
aux rides de la vie……
Ghislaine BRICOUT
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Gare Saint-Lazare
Plus de mille et une jambes —
Pas un seul regard
Gilles Brule
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Dans ses yeux humides
tandis que s'éloigne le train
mon image s'estompe
Jean François CHAPELLE
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Le balbutiement de l'aube :
Dans le balbutiement de l'aube
les visages s'accumulent
inventent des éclairs
à l'obscurité
surprennent des yeux
dans nos yeux
sans savoir
lesquels
seront les nôtres
Christophe CONDELLO
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Reluqueur
Tous les matins,
l’œil mi-clos,
l’énorme matou amateur
de minette,
mate par la fenêtre
la chatte de la pipelette.
Tous les matins,
vanné
par tant d’efforts,
le gros matou mateur
s’endort.
Serge COUTAREL
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Confidence
Entre-nous…la notoriété m’embête;
C’est horripilant d’être reconnu,
Si ! Plus les autres regardent ma tête
Plus j’ai envie de leur montrer mon cul !
Pierre DAUCHIN
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LE REGARD
Vivant dans la pénombre déjà depuis longtemps,
Un homme se préparait à faire de l’obscur
Son monde d’environnement nourricier d’aventures
Il oubliait ses yeux, bientôt inexistants.
La cécité semblait arriver doucement…
Réfléchissant avant de dire la tâche dure,
Il agissait vraiment lorsqu’il se sentait sûr
De lui, comme des autres, en se montrant confiant.
Devoir… vouloir, pouvoir bien regarder sans voir,
C’est savoir écouter, faire parler sa mémoire
Et refuser d’entendre les propos de bavards.
Aussi, fermant les yeux, je m’efforce toujours
D’appliquer la leçon, pour éclairer l’amour
Des merveilles de la vie par cet autre regard.
Patrick de BROUSSE de Montpeyroux
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VISAGES
Il est des visages
Il est des sourires
On dirait des lumières
On dirait des soleils
Il est des voix
Il est des mots
On dirait des musiques
On dirait des caresses
Il est des yeux
Il est des regards
On dirait des ailes
On dirait des perles
Chantal de SMET de NAEYER
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Regard
Traquenard
Trop tard…
Véronique DE VOS-BERNARD
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Que saura-t-il du désert
celui qui ne regarde
qu’un grain de sable…
Que saura-t-il de l’hiver
celui qui regarde
tomber la neige
derrière sa fenêtre…
Que saurais-je de l’océan
si je ne regarde
que la vague
venant s’échouer sur le rivage ?
Que saurais-je de toi
si je ne regardais
que la couleur de tes yeux ?
Jacques DÉCRÉAU
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Iris bleu profond
un regard flou en alerte —
La voix de Maman
Marie-Hélène DEPAUW
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Regard sur le Rien
Sur la photographie
Absent pour l’éternité
Et présent jusqu’à l’absence
L’enfant qui n’est pas né
S’il te plaît dessine-moi
M’a dit l’enfant qui n’est pas né
Alors maladroitement
J’ai tenté d’imaginer
Ce qui n’a jamais été.
Hélène DUC
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AU JARDIN
A chaque pas,
Jonquille d'avril
s'offre tel un calice d'or
Mon regard devient une prière
Elisabeth Dumoncel
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AVEC TES MAINS
Avec tes mains
tu me regardes
tu me musardes
Mais tu me touches
mille fois mieux
avec tes yeux
Lise EPAULE
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Nue dans ton regard
Sans amour et sans haine
L’indifférence
Françoise ESCARRAT-PIERRE
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LE REGARD DE MON ENFANCE
Par mégarde j’ai égaré
Le regard que j’avais enfant.
Est-il resté accroché
Aux étoiles d’un noël blanc,
Quand la tête levée vers les cieux
Les yeux emplis de flocons
Je guettais le vieux monsieur
Dont personne ne connaît le nom ?
S’est-il usé au fil des pages
De tous ces contes de fées,
Ebloui par le mirage
Que tracent les lignes enchantées ?
Sur le tableau de classe,
Sur le sable des vacances
Est-ce le temps qui efface
Le regard de l’enfance ?
Hoëla FALIP
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nÈgre et albinos
je suis un nègre albinos,
c'est-à-dire, noir dedans et blanc dehors.
j'en souffre tellement...
parfois, je ne peux m'empêcher d'imaginer
le regard déçu et abasourdi de mes parents
à ma naissance.
je revois aussi le regard moqueur
de mes camarades de classe
quand le soleil m'aveugle et m’irrite la peau
je revois le regard curieux et méprisant
des passants dans la rue.
le regard de mes frères, pleins de compassion...
ma peine c'est cela… le regard des autres!
il me blesse, me choque et m'efface.
chaque fois j'en pleure et je culpabilise
car j'ai si honte d'avoir honte de moi.
Ndzana Ndzana FLOSCE (Amenophis)
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LECTURES
Dans l’œil du chat :
Hauteur, dédain.
« Toi, tu n’es rien »
Fait le félin.
Des yeux canins
Soumis et doux.
« Toi, tu es tout »
Dit le toutou.
Dis-moi miroir,
Que peux-tu voir ?
Dans ces ronds verts
Y voit-on clair ?
David FOUCHE
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LE REGARD
Un regard en dit plus, souvent qu’une parole,
Car il est spontané, ne se calcule pas,
Et pour le mesurer, point besoin de compas,
On le perçoit ma foi comme une banderole.
Nous pouvons le jeter, le fixer, le lancer,
L’arrêter un instant d’une façon fugace,
Quand il veut pénétrer, il apparaît sagace,
Intelligent, courtois, mauvais s’il veut tancer.
Il s’attarde parfois, quand on a de l’avance,
Il nous donne le droit, celui de comparer,
Et lorsqu’il est perçant, nos projets il devance.
De travers, de côté, de haut en bas il toise,
Il nous prend en pitié sans se désemparer,
Et s’il se fait charmeur, lui seul nous apprivoise.
Joël Gauthier
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J’erre.
Que verrait un aveugle
qui recouvre la vue ?
Verrait-il le Soleil
ou la Lune de nuit ;
verrait-il nos mystères
et le ciel trop gris ?
Voit-il la beauté ;
Voit-il l'amour ?
Dedans sa nuit
et dedans ses songes,
que vit-il ?
Qu'importe.
Regardez rire l'aveugle,
il voit au-delà des nuées.
Jean-Mark GuErin
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ce regard
à l'avant-rire
quand il n'est besoin
de rien dire
pour être heureux
de cet échange
Denis HeudrÉ
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Toi, le regard…
tu te dois
d’éclairer cent fois les roses
et de faire miroiter la soie.
Pour cela, pointes-tu du doigt les choses
ou bien, te contentes-tu
de regarder sans voir
ce que tu n’oses
en disant : « c’est la foi qui sauve
je transforme tout ce que je vois » ?
Jean-Pierre JacquiN
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une maladie incurable
un témoin muet
un miroir
Pépin LATERRE
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Je sors perdre mon chagrin
Le soleil me cingle
J’habille mon regard
Brigitte LUQUET
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LE REGARD
Il la regarde, le vieux, la fille qui passe !
D’un regard vif encore, rempli de joie,
et pas un instant son cœur ne se lasse,
vibrant au rythme de son émoi,
qui lui remet en mémoire
ses bons moments de gloire,
doux souvenirs d’autrefois.
Comme elle est souriante et jolie !
Jusqu’au bout de la rue son regard la suit.
Il semble on ne peut plus heureux…
jusqu’à ce que la silhouette disparaisse à ses yeux.
Jean MASSOT
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TRIO
REGARDS DE RUE
Regards de passants —
la main tendue en sébile
il ferme les yeux
Un moineau parade —
deux amoureux se regardent
sans rien voir
Jean super-moulant
elle promène son chien
... et tous ces regards
Monique MERABET
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LE REGARD
C’est le regard des autres
Qui nous fait exister,
Mais le regard des autres
Est parfois sans pitié.
Tes formes, ta couleur,
Ton handicap aussi,
Sont source de douleurs
Causées par le mépris.
C’est du fond de nos yeux
Que viennent tes souffrances.
Un sourire c’est si peu,
Mais redonne confiance.
Chacun peut être heureux,
Chacun avoir sa chance,
Soyons aventureux
Osons la tolérance.
Martine MERCADIER
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Regard
Un regard lourd de promesses
a suffi à sceller entre nous
l’amour par des liens éternels
comme toujours
pour toujours
moi qui les rêvais
légers aériens
courts
En amour le coup du regard
lourd
c’est toujours finalement
la corde qui menace
au bout
Désir de chair
toujours plus cher
que le plaisir
qu’on en espère
Albert PESSES
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L’un est rieur, éclair de charme,
pépites d’or, attise-flamme.
L’autre d’un seul rai ravit l’âme,
chanson de vie, bel oriflamme.
Celui-là, vert bleu, tombeur,
nous fait chavirer de bonheur.
Ceux-ci, glaçants et suspects,
nous transpercent d’un sombre trait.
Certains fuient comme des voleurs,
l’approche douce est de rigueur…
Et puis le tien, par-dessus tout
qui m’aime sens dessus-dessous !
Michèle PETTAZZONI
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Liste
Un coup de fusil
Un coup de fusil et mon cœur qui s'arrête
Mon regard s'est lentement posé
Mon nom n'y est pas...
Mon nom n'y est pas.