L’arbre à palabres
Le baobab de mon enfance
Tend vers le ciel - tel les noyés -
Des bras noueux, désespérés
Plantés dans un tronc si immense
Que sa cime a l’air d’une tour ;
Seuls tous les enfants du monde
Nouant leurs mains en une ronde
Pourraient en cerner le contour.
Il est imposant par sa force :
Là vont prier les plus pieux
Et deux par deux les amoureux
Gravent leurs noms dans son écorce.
Mais que dire de son allure
Quand il devient l’Arbre de Paix,
Lorsque des marabouts discrets
Vont palabrer sous sa ramure !
Isabelle balot
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L’arbre de vie
Sur la première branche
je vois mon père, souriant de sa fine moustache
au sourire de ma mère sur l’autre branche près de lui.
Sur les branches au-dessus, dans l’ombre des feuilles jaunies,
mes grand-père et grand-mère gravement recueillis
comme pour le déclic au parvis de l’église.
Plus haut, plus loin, plus lointains,
combien sont-ils, diffus, côte-à-côte serrés
comme les hirondelles à leur envol de l’hiver ?
Plus haut encore, toujours plus haut,
jusque là où les branches s’entremêlent
dans le clair-obscur à l’orée du ciel,
luit, dans l’immensité, la vaste sérénité
de l’ancestral cortège des visages inconnus,
d’où tombe, immobile, l’immémoriale source de vie
où ma sève s’abreuve.
J.-L. BELGRAND
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La forêt première
Verticale
symétrique
de nos insolentes
cathédrales
de béton
Oubliée
sous une chape de silence
palpite
patiente
la forêt première.
Elle jettera ses bras
vers les étoiles
quand nous aurons atteint
l'âge de poussière.
Alain BENITO
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Bonsaï
Petit arbre martyr, compassion sincère
Pour toutes les souffrances qui te firent arbre nain,
Cependant tu ramènes, dans mon petit jardin ,
L’image d’une forêt plusieurs fois centenaire !
Ton environnement avec soin distribué,
Montre bien que c’est toi le clou de ce spectacle,
La poterie précieuse qui sert de réceptacle,
A la motte cramponnée comme au noyé sa bouée .
L’anorexie forcée où tu es maintenu,
Est, avec ta structure, sauvagement twistée,
Les éléments qui font, avec l’âge avancé,
Paradoxalement, chez toi, la plus value !
Ainsi ce qui chez l’homme est cause de souci,
Participe ici à l’ultime splendeur,
Dans la perfection de l’objet de valeur,
De la chose accomplie, Bonsaï mon ami!
Alain Bobinec
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Mon Arbre
Tant de fois j'ai rêvé les yeux vers les nuages,
Tant de fois j'ai sculpté tes verdâtres branchages,
Dans les matins frileux de la fin de l'été ;
Que la vie était belle, perchée à ton sommet !
Les soirs de pleine lune, à l'heure où l'âme pleure,
Je gravais mon chagrin, je confiais ma douleur;
A ton bois abimé. Et ainsi je restais,
La main sur tes écorces, et le cœur délivré.
Parfois je devenais la grande aventurière!
Tu étais ma maison, mon abri, ma lumière.
D'une vive souplesse, j'escaladais ton corps,
J'étais une princesse aux sauvages abords.
Aujourd'hui, allongée sur ton feuillu tapis ,
Je vois d'autres enfants, acrobates endurcis,
Faisant de toi, Mon Arbre, leur empire à jamais.
Mais que la vie est belle, assise à tes côtés!
Ludivine CAHIER
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L’arbre aux souvenirs...
L’arbre aux souvenirs a perdu plus d’une feuille
Petit à petit elles sont parties en deuil
Au gré du vent, au gré des ans disparaissant
Le laissant le regard vide tout grelottant
L’arbre aux souvenirs a perdu plus d’une branche
Petit à petit elles sont parties en planches
Qui flottent dans l’azur sans port d’embarquement
Fantômes du passé, oubliées du présent
L’arbre aux souvenirs a perdu toute sa tête
Tristement sans bruit, elle est tombée en miettes
Et les bribes de sa vie qui restaient accrochées,
Nectar gorgé de miel, sont elles aussi tombées.
L’arbre aux souvenirs n’habite plus mon ancêtre
Il l’a quittée doucement; elle a cessé d’être
Perdant la mémoire, confiante elle sourit :
Dans le jardin d’Eden son arbre a refleuri.
Christian CAUGANT
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D'un pin mort un pic fait son gîte
tambourinant sur le tronc creux
jusqu'à devenir troglodyte
Jean François CHAPELLE
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Il préfère
Au hêtre le déodar
Au peuplier le vomiquier
Et, parmi tous les arbres bizarres
Le palétuvier
L'abondance, le mystère
De ce qui pousse
De l'autre côté de la Terre…
Eric DAHAN
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Le vieux pommier
Le vieux pommier entre en automne
Les bras chargés de fruits trop lourds
Chante sa plainte au vent atone
Et bientôt ses doigts se font gourds.
Le vieux pommier entre en automne
Déjà reviennent les labours
Un paysan au loin chantonne
Mais c’est un chant de désamour.
Le vieux pommier entre en automne
Serre ses branches tout autour
Comme un gros chat se pelotonne
Au soleil des derniers beaux jours
Le vieux pommier entre en automne
Sème ses feuilles alentour
L’horloge du temps carillonne
Commence le compte à rebours.
Suzy DARRIBEHAUDE
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Exhortation
… et, dans cette saloperie de banlieue
où l’on avait tout oublié du printemps,
un homme hurlait à l’arbrisseau chétif
coincé dans l’angle obscur de deux murs dégueulasses :
« Pousse, nom de Dieu !
Ne passe pas à côté de la vie ! »…
Pierre DAUCHIN
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balade en voiture –
emmailloté sur le toit
l'arbre de Noël
Diane DESCÔTEAUX
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Le blues du platane
Dans la Ville Rose, ma vie ne l’est pas
Je survis au centre d’un carré d’asphalte
Usé par les va-et-vient impassibles
Quatre grands murs gris sont mes geôliers
Qui de leurs regards me glacent la sève
Je suis prisonnier avec fer au pied
Je n’ai pour fragrance que le CO2
Pour seules caresses, initiales et cœurs
Pour toute mélodie, la cacophonie
Les oiseaux piailleurs squattent mon feuillage
Les cadeaux des chiens sont empoisonnés
Dans la Ville Rose, j’ai le vague à l’arbre
Je rêve, un beau jour, de me faire la belle
Pour me mettre au vert auprès de mon clan
M’enivrer l’essence dans un champ de fleurs
Bercé par la brise, au soleil serein
Katherine DILON
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L’arbre
Seul au milieu de la place
comme un parapluie
aux branches cassées
refuge d' oiseaux esseulés
l'arbre du printemps
jette ses larmes de fleurs
sur le sol bleui
par le crépuscule
et boit d'un air joyeux,
sa prisonnière d' un instant,
l'orange virtuelle
d'un soleil paresseux...
Adrienne DORSAY
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L’arbre et la fourmi
La fourmi monta sur l’arbre
L’arbre dit à la fourmi
Pourquoi montes-tu sur moi
La fourmi dit ça me fait du sport
L’arbre dit alors c’est tous les jours
La fourmi dit oui tous les jours
Je fais mon sport vers dix-neuf heures
L’arbre dit à la fourmi tu me déranges
La fourmi dit moi je te dérange
L’arbre explique à la fourmi
Quand tu montes sur moi tu me fais des gligli
La fourmi dit c’est mes pattes qui te font des gligli
L’arbre dit ça me fait des gligli
La fourmi se met en colère
Dit la prochaine fois je ferai mon sport sur l’herbe
Ismaïl EL BAKRI
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après les feuilles
jaunes sur le trottoir
une page blanche
Rob FLIPSE
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volets entrouverts -
dans le feuillage du chêne
des instants d'azur
Damien GABRIELS
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Ci-git un arbre abattu
Ci-git une vie humaine...
Touran GAMBARLI
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Pas sot l'arbrisseau qui déclare :
que se rouler un joint de culasse c'est "guerre écologique" !
qu'accoupler une bielle à une manivelle n'a rien d'érotique !
sans rouler les mécaniques,
il ne fait pas l'arbre d'un doute que
fumer l'arbre à cames est illicite !
qu'on me tare arbuste !
qu'on me fusse tige !
qu'on me taille (le portrait) !
qu'on me mal axe, ce n'est palabre qui me contredira !
en poésie, sous l'arbre à parlotes
le jeu reste le secret de la mécanique !
Dominique GAUBERT
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Ode au palmier
Le palmier prie le ciel
tronc rugueux, fougueux,
reposoir des dormeurs solitaires,
ses branches en éventails
palpitantes sous l’azur méditerranéen,
le palmier,
sensuelles jérémiades ocres
du désert lancinant
Le palmier,
réconfortant, tiède, tendre
croustillant de dattes,
le palmier, fier, haut,
entre la mer et le ciel
le palmier
frôlant les nuages
s’évertue à secouer le cours des rêves d’orient
Lucile GUIGON
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A
L’abri
Dans mon feuillage
J’écoute tomber la pluie
Et les récits des longs voyages
Que dans mes branches un étourneau pépie
Je sais par cœur la vie du bois
Et m’y ennuie avec le temps
Je voudrais
Tant
Marcher
Courir
Nager
M’enfuir
Mais les chemins sont trop étroits
Et la terre un bagage bien trop lourd pour moi
Josselin HAREL
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Empoisonné
Tu transpires, tu tousses
Mais tu pousses
Scalpé
Tu souffres, tu endures
Mais tu perdures
Tranché
Tu agonises, tu pleures
Et tu meurs
Semé
Tu découvres, tu fleuris
Et tu ris.
Jorge HAYOS
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le feu crépite -
le stylo fait murmurer
la table en bois
Eric HELLAL
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sans famille-
seulement l’ombre d’un platane
traverse la route
Corina ION
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Hier, je suis retournée dans la forêt
Pour voir si l’arbre où nous avions gravé
Notre amour à tout jamais
Etait toujours à la place resté.
De ses branches, il m’a enlacé,
De ses feuilles il m’a caressé.
Mais c’était pour mieux me cacher
Que son écorce avait effacé
La preuve de notre amour passé
Ne laissant plus place qu’aux regrets
Guilaine LEFEBVRE
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Erable à deux tons
Un côté vert – l’autre jaune –
L’ombre uniforme
Janelle LIETTE
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Souffler n’est pas jouer
Dit au vent l’arbre
En se déracinant
Liska
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Ecoute la cloche du soir
Ecoute la cloche du soir…
Perchés sur ses branches nous dormions souvent,
Quand nous étions petits, bien qu’il ne fût pas grand.
Enraciné, bienveillant, sur sa montagne,
Il nous voyait venir de loin
Chaque été, de son pays de cocagne
Nous explorions chaque recoin.
Nous enlacions son tronc rugueux de paysan
Et, piquante d’aiguilles, sa joue sous nos baisers
Nous faisait crier : « Grand-père, faut te raser ! ».
Cet arbre avait aussi bercé maman.
Mais écoute la cloche du soir ;
Ecoute la cloche du soir, mon frère,
Car c’est elle qui nous dit la mort de Grand-père.
Melinda LOPEZ
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L’arbre
Penché sur la rivière,
Il les voyait partir, légers, vers l’autre rive
Et une étrange peine faisait trembler les branches.
Pourtant, ses vieux printemps s’habillaient de lumière
Quand aux jeunes amants il offrait son ombrage,
Sous la course des nuages, il n’avait point de hâte,
Abritant le poète et le nid des oiseaux.
O comme il savait attendre le retour du blessé
Et pour les sans patrie dessiner dans le ciel
La plus haute prière !
Il est mort foudroyé
Un matin de juillet.
O écoutez dans l’ombre
Le doux frisson de l’arbre !
Agnès MARIN
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Saison tropicale
Se raconter les légendes
Autour d'un baobab
Théophane MBOGUE
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Nous n’irons plus...
J’ai perdu mon arbre
mon plus bel ami
celui du bout de la rue
pour le vert d’une grue
plus haute qu’un arbre.
Sans un seul nid.
Flèche figée là…
Qui me dira encore
l’adresse du vent
et des oiseaux éparpillés
à la dérive…
dans ce ciel blessé.
Nous n’irons plus au bois…
Au pied de la bétonnière,
le flamboyant tronçonné
racines en l’air.
Monique MÉRABET
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La complainte de l’Arbre
Spectateur immobile
D’un monde en mouvement,
A mes pieds défilent,
Les hommes et le temps.
Dans mon cœur est cachée
L’histoire universelle,
Sur mon tronc sont gravés
Les cœurs des jouvencelles.
Eternel ! et pourtant si fragile,
Une main, une scie,
Un prétexte futile
Ma vie sera finie.
Ô humain éphémère !
Pense un peu à demain,
Tes outrages à la Terre
Le rendent incertain.
Martine MERCADIER
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Bonbon des Vosges
La sève de pin sur mon palais
Convie le domaine des forêts
Un bonbon au miel résineux
Éveille un souvenir délicieux
Des galets picotent mes pieds
Je suis le cours d’une rivière
A la lisière d’une forêt
De pins aux lignes singulières
Cimes aux formes arrondies
Chatoiement infini des pierres
Murmures et légendes enfouis
Dans le bruissement des fougères
Les hauts arbres de la forêt
Célèbrent la beauté de la terre
Les troncs dispersent la lumière
D'un ruissellement d'éternité
Dominique MERCIER
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Le figuier
Tout en haut de La Gaude dans un jardin charmant
Se dresse un vieux figuier dont on ne sait pas l’âge,
On l’a toujours vu là, les anciens du village
Prétendent volontiers qu’il a plus de cent ans.
Il est beau, il est grand, c’est un vrai monument,
Ses branches étalées et son épais feuillage
Font la curiosité de tout le voisinage
Rien n’a jamais gêné son développement,
Son tronc large et puissant écarte les rivaux,
Ses racines tordues, entrelacées, rampantes,
S’insinuent en forçant la muraille attenante
Puis s’enfoncent profond, avides d’un peu d’eau.
On mange, on trinque, on chante sous cet arbre accueillant :
Au début du printemps quand renaît la nature,
Mais aussi à l’automne quand les figues sont mûres…
Ce figuier vénérable, qu’il vive encore longtemps !
Vincent MUSCIANISI
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Mon arbre
Je n'ai rien oublié de ces instants heureux,
Quand j'unissais mes bras à ton tronc vigoureux.
Au pied de tes racines, à l'ombre de ton corps,
Je m'allongeais souvent, puisant du réconfort.
Je n'ai rien oublié de ces tristes dimanches,
Quand j'écoutais le vent s'engouffrer dans tes branches.
J'écrasais mes deux joues contre ta tendre écorce
Et je m'abandonnais, malheureuse et sans force.
Je n'ai rien oublié... Aujourd'hui je caresse
La mousse de ton pied, par le temps piétinée,
Je sens tout ton amour, ton infinie tendresse
Mon chêne merveilleux, à l'humble destinée.
Et malgré les tempêtes au souffle rugissant
Sur des cieux assombris, hostiles et menaçants,
Tu restes invulnérable et ton squelette sombre,
Aux griffes dénudées, déchire la pénombre.
Marie Rose PAOLI
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A fleur d'écorce
A fleur d'écorce affleure la peau
Le toucher doux d'un arbre nu
Lui mon miroir et moi sa sœur
Curieux reflet de nos essences
Suis-je dentelle ou est-ce toi?
Es-tu la soie ou moi le bois?
Dans nos natures un tronc commun
De formes pleines à effeuiller
Ainsi soit-elle de la dentelle
Ainsi fut-il rugueux pistil
Que l'on s'étreigne et s'émerveille
D'une caresse à peau boisée
Marc PERNET
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Filiation
Tu n'as pas étendu
de branches caressantes
au-dessus de ma tête :
- Tu ne le pouvais pas.
Tu n'as pas soutenu
mes racines légères
s'arrimant dans la terre :
- Toi, tu n'en avais pas.
J'ai poussé solitaire,
étranger à ton bois,
éperdu de lumière,
le tronc tourné vers toi…
Les années ont passé,
ton fruit s'est transformé…
Vois ses feuilles bruissantes
paillant ton faible pied !
Michèle Pettazzoni
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Une forêt d’argent boisée
Chaque nuit vient me hanter
Mais j’ai beau semer, semer
Jamais rien ne veut germer
Désespérée j’ai poussé
La porte de mon banquier
C’est le seul jardinier
Qui ait su en récolter
M’en a offert un bouquet
Je l’ai planté en secret
Espérant pouvoir cueillir
Des billets dans l’avenir
Mais de matin en matin
Que croyez-vous qu’il advînt ?
Les arbres étaient argentés
Seulement par la rosée
Chantal PICAUT
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L'arbre
Qui es-tu toi
Qui es dur de la feuille ?
Je suis l'Arbre !
Un arbre qui ne cache
Hélas plus la forêt !
Je suis devenu la forêt
André RECOUPÉ
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Si tu n’as pas de faim
Pour le fruit que je donne
Si tu fuis le jardin
Où mon ombre foisonne
Si la pluie que je chante
Succombe aux écouteurs
Aujourd’hui, seules plantes
Au désert de ton cœur
Alors, dis-moi comment
Mes feuilles et mon écorce
Diront à tes enfants
Le secret de ma force
Je ne serai pour eux
Qu’allumette à craquer
Bien triste part du feu
Pour avoir éclairé
Marie ROUGEMONT
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Le vent chatouille
Les grands arbres qui rigolent
A feuilles déployées
Patrick SOMPROU
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Vieux dans le coma –
une étoile scintille
dans un arbre sec
Eduard TARA
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L’arbre à poèmes
Et si les arbres étaient porteurs de poèmes…
On pourrait escalader leurs branches
Aller cueillir leurs fruits quelle que soit la saison
Sur chaque feuille tombée, dans chaque nid construit,
Gravés sur leur écorce, les vers fleuriraient
Et si les arbres étaient porteurs de poèmes…
Qu’ils soient ifs, chênes, saules ou bouleaux
On leur rendrait hommage, on les remercierait
Afin qu’ils nous pardonnent chaque coup de cognée
Et ces grands feux de joie au jour de la Saint Jean
Et si les arbres étaient porteurs de poèmes…
On s’y connecterait, on les enlacerait,
Et l’on pourrait y voir à travers leur écorce centenaire
L’empreinte du poète
Protégeant tendrement la nature et la vie
Marie-Christine THELLIER
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Guernikako arbola
Chêne bicentenaire, au milieu de la place,
Fidèle était mon père, au temps et à l’espace.
Il abrita longtemps, les amours autochtones,
N’ignorant pas le temps où il servit le trône.
Les gamins villageois y grimpaient sans pudeur,
Les ancêtres et les rois y rendaient leurs honneurs.
Mon père a tant souffert, en ce beau jour d’avril,
Il a vécu l’enfer. Aigles noirs sur la ville.
Les enfants et adultes, crèvent comme des chiens,
La Condor exulte, il ne reste plus rien.
Ils ont brûlé son corps, mais n’ont pas eu son cœur,
Rejeton qu’on adore, je pousse sans rancœur,
Ni tambour ni rancune, ni trompette non plus,
De vengeance aucune, ce temps est révolu.
Héritier glorieux, jeune pousse triomphante,
Nous voilà victorieux, c’est la paix que j’enfante.
Isabelle THOMAS
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Après l’orage d’août –
la lumière du coucher
sur les feuilles de peuplier
Maria TIRENESCU
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Les oliviers
Foule des oliviers, vieux arbres tutélaires,
Tendez vous vers le ciel vos longs bras tourmentés
Comme des suppliants sous les murs des cités,
Pour implorer la paix depuis des millénaires ?
Antiques oliviers, ô vieillards vénérables,
Vos pieds enracinés dans le sol rouge et sec,
Comme le paysan romain, crétois ou grec,
Puisent-ils la sagesse en ces terres instables ?
Bienheureux oliviers, vrais enfants de lumière,
Dont la cime mystique au feuillage bleuté
Se mélange à l’azur d’un éternel été,
Quels sont les mots secrets de votre humble prière ?
Peuple des oliviers, le voyage immobile
Que vous accomplissez depuis la nuit des temps
Fascinera toujours l’éphémère habitant
perpétuel agité – de l’orgueilleuse ville.
Cecilia TRIVELLI
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pour devenir un arbre
placez très haut les bras
au-dessus de votre tête
étirez votre silhouette
jusque dans les nuages
et vous sentirez bientôt
le vert feuillage
doucement caresser votre visage
peu à peu votre peau
et même vos os
se mueront en bois
de l’arbre de votre choix
et à la belle saison
vos branches se pareront
des fruits de votre déraison
Françoise Urban-MenningeR
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Les saisons de l’arbre
Quand changent les saisons, je suis proche de l’arbre
Lorsque sève et bourgeons le réveillent au printemps
Le souffle de Zéphyr qui me laissait de marbre
Vient faire frissonner ma peau le caressant
L’été c’est la saison de toutes les conquêtes
Ivre du bleu du ciel, on a le cœur qui bat
Superbe, fort et prêt à braver les tempêtes
Ce géant fanfaron, ce pourrait être moi
Bientôt viendra l’automne aux couleurs chatoyantes
Les fruits auront doré au soleil généreux
Mais malgré la beauté, la récolte abondante
A chaque feuille perdue je meurs aussi un peu
Je redoute l’hiver et ses incertitudes
Que cachent ce silence, ces branches dénudées ?
N’est-ce qu’un long sommeil, une simple habitude ?
On n’est jamais certain qu’on va ressusciter.
Claudine WALTER-DUMEUNIER
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L’arbre qui chantait au vent
Dans une vallée heureuse, et oubliée du monde,
Vivait un très vieil arbre, auguste et solitaire,
On venait pour le voir, de partout à la ronde,
Au creux de son feuillage, se cachaient des mystères.
Depuis la nuit des temps, bien avant la mémoire,
Des hommes et femmes debout, il écoutait les pas,
Au carrefour des chemins, il écrivait l’histoire,
Même la rapide foudre, jamais ne le brûla.
Toute la gent ailée, venait y converser,
Et raconter du monde, les gloires et les folies,
Lui alors écoutait, et semblant les bercer,
Dans sa mémoire immense, pas un mot ne s’oublie.
Mais un jour plus de chants, plus de bruit, de murmures,
Les hommes étaient venus, pillant, détruisant tout,
Une route goudronnée fut sa seule sépulture,
Le progrès est en marche, ne faisons pas la moue.
Y. ZERININI
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