A l’écoute du silence
Accepte de temps en temps
la solitude d’un instant
Plonge en toi
Fais corps avec ce profond silence intérieur
Ecoute cet autre toi
que tu cherches ailleurs
Il est là
dans les profondeurs du silence intérieur
Benjamín ABIALO
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Il faut briser le silence
Je n`ai plus reçu depuis longtemps
une bonne nouvelle...
Tu te tais soudain au téléphone, troublé par mon insistance.
Pourquoi rien ne va plus?
Tu m`expliques de nouveau,
mais je ne comprends rien.
Je voulais seulement une bonne nouvelle,
comme une lumière chaude et sainte.
Pourquoi tu ne veux pas que tout va bien?
Tu tiens pour toi tout le mal
que tu peux déchaîner contre toi.
Lavinia ALEXA
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Le sens du silence
Chut... disait la grand-mère, chut...
Le silence s'écoute, le silence s'apprécie.
La bouche se ferme et l'oreille se tend,
à l'affût de ce ruisseau de petits bruits
que l'on ne peut entendre qu'en écoutant.
Bruissement de la brise dans les branches,
Battement d'ailes dans le ciel,
Les sens en éveil, l'enfant se penche
pour découvrir sur le pot de miel
l'abeille légère qui danse,
- fragrances sucrées, couleurs d'été,
délice des sens, parfum d'insouciance -
plonge son doigt dans le nectar ambré.
Voilà le chant des mésanges qui s'aiment,
mêlé aux murmures des anges que le vent sème.
Chut... répétait l’enfant, chut…
Charlie ARNANT
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C'est le vent, c'est l'automne et crépite le feu
Un Ryanair décolle, s'agite le bouleau
La souche éclate et tape la pluie sur le carreau...
Pour te parler ce soir, j'attends encore un peu.
La mobylette fonce, traverse le hameau
où les gamins se chassent, s'attrapent dans leurs jeux
Si les bûches dialoguent, elles n'emploient pas de mots
Il n'y a pas si longtemps, nous riions tous les deux...
Y'a du rap sur la place, j'entends les haut-parleurs
les rythmes et cadences, transes de beaux parleurs
résonnent dans mon corps, dans tes yeux le feu danse.
Résonnent dans mon cœur, leurs appels et leurs transes
Assise au coin du feu, j'attends encore un peu
pour te parler ce soir... Et toi, à quoi tu penses ??
isabel ASÚNSOLO
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Porte qui claque -
silence assourdissant
d'un rêve brisé
BIKKO
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Le silence
Ils disent à notre presse : tu es Libre
Ils se vêtent du sombre manteau du geôlier
La presse écrit leurs vols, leurs viols, leurs guerres.
Ils la réduisent au silence : ils la jettent en prison.
Ils disent aux enseignants : vous avez la Parole
Ils nous donnent des auditeurs qui sont nos espions
Nous disons leurs mensonges
Ils nous réduisent au silence : ils nous jettent en prison.
Ils disent leurs exploits, nous voyons leurs folies
Ils disent leurs bontés, nous disons leurs horreurs.
Ils nous accusent, leurs juges nous condamnent
Ils nous réduisent au silence : ils nous jettent en prison.
Et dans nos sombres cachots nous organisons
Le carnaval de la parole silencieuse la parole
Qui germe qui fleurit qui mûrit qui explose
Au cœur du noir silence des murs de la honte.
Paul BITOUK
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Entre Silence
Et
Silence
Il y a
Ton regard
Qui s’attarde
Marc BONETTO
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Pour m’enivrer de sons et de milliers de bruits
Sans faiblir, ô Silence, sans cesse je te fuis,
T’accable de soupirs et te hais sans répit,
Et pars virevolter jusqu’aux bords de la nuit.
Mais parfois, ô Silence, pour retrouver la vie
Qui palpite sans fin et bruisse sans un cri,
Je pars à ta recherche au tréfonds des déserts,
Dans quelque monastère, au plus profond des mers.
Pierre fine au cœur d’une terre bruyante,
Pépite convoitée mais souvent égarée,
Asile pour tous ceux que le vacarme hante,
Avec subtilité tu te laisses trouver.
Tu étouffes les bruits non sans grande patience
Et fais taire les ondes avec intermittence,
Tu apaises, ô Silence, ce monde en déshérence
Et tu donnes à la vie du prix par ta présence.
Cathy BOUSQUET
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L’impossible poème
Je dis : Silence –
et je romps le silence,
Silencieux silence qui ne dit pas son nom.
Catherine BUÉ-GEORGE
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Je ne sais pas dire
Je ne sais qu’écrire
Je parle en silence
J’écris en souffrance
Mes paroles sont vaines
Mon encre sereine
Je reste muet
Je note versets
Mots je ne dis
Mais mots j’écris
Ma voix s’est éteinte
Ma plume en contrainte
Ma langue se taire
Ma main se distraire
Jamais plus ne parl’
Et trace l’oral
Mon discours est mort
Ma page mon sort
Je reste sans voix
Mon stylo est roi !
Michel CAILLEAU
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Seul en forêt
entre silence et bruit
chacun s'écoutant
André CAYREL
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Paroles muettes
En écoutant, rêveur, le silence de l’ombre
J’ai entendu sa voix trahir son voile sombre.
En écoutant, pensif, le silence des mers
J’ai entendu le cri de l’onde des enfers.
En écoutant, meurtri, le silence céleste
J’ai entendu le feu chanter un air funeste.
En écoutant, muet, le silence secret
J’ai entendu l’amour hurler quelque regret.
En écoutant pleurer la planète où nous sommes
Je suis devenu sourd comme le sont les Hommes !
Ludovic CHAPTAL
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Le silence
Féroce conquérant, le bruit nargue le monde,
Repoussant la douceur en des pays lointains;
Sa présence agressive ébranle les matins
Et déchire les nuits à des lieues à la ronde.
Pourtant l'herbe des prés, l'oiseau qui se balance,
Dans leur simple beauté ignorent les clameurs;
Le ruisseau lumineux glisse comme rumeur:
L'univers bien souvent s'habille de silence.
Les arbres ne crient pas quand s'annoncent les fruits;
Ne gémit pas la branche où les feuilles renaissent;
Se taisent les bourgeons quand les fleurs apparaissent:
Ce qui se fait de beau se prépare sans bruit.
Le silence compose un opéra discret
Qui laisse à découvrir l'abeille dans sa course,
La mélodie du vent, le murmure des sources;
Où la nature enfin livre quelques secrets.
Roger CHEVALIER
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Instant silence
Chambre quatre cent seize, tranquille, enfin
Au pied du lit deux chaises où attendre la fin
Sans idée du visage qu’elle aura
Calme étrange et saisissant
Où s’échangent d’insouciants
Chuchotements
Imperceptiblement l’atmosphère se concentre
En la puissante épaisseur de l’instant
Secondes figées, le silence se tait
Sous l’immensité convoquée là
Un frêle courant d’air
Se coule et cueille
Ton souffle d’éther
La Vie se rassemble et s’en va
Sur le lit de la chambre quatre cent seize
Nous reste le manteau de toi
Viviane COGNÉ
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La langue des signes
L'enfant n'entend pas le chant des mots
Mais de ses mains qui dansent
Il défait les mailles du silence
L'enfant n'entend pas le chant de l'eau
Mais de ses mains qui dansent
Il jette au loin le filet du silence
L'enfant n'entend pas le chant des oiseaux
Mais de ses mains qui dansent
Il efface les empreintes du silence
L'enfant n'entend pas le chant des roseaux
Mais de ses mains qui dansent
Il tisse le tulle azuré de l'espérance.
Claire-Lise COUX
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Est-ce un hasard si
le silence se glisse
là où se trouve aussi la poésie
entre les battements de notre cœur?
Eric DAHAN
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Nos joies carillonnent –
Entre ses murs de silence,
il dort sur un banc
Annick DANDEVILLE
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Un homme vint, qui leur parla sans avoir su
qu’on leur avait imposé le silence.
Et comme tous l’écoutèrent sans mot dire,
il se persuada que son discours avait de l’intérêt.
Alors il avança des inepties, des fadaises,
Des mots comme jamais il n’en avait osés.
Quand enfin il se tut, son silence étonné
s’ajouta, insidieux et séparé, à l’autre,
Comme une taxe sur un prix d’or.
Pierre DAUCHIN
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Chut …
Les ombres tourbillonnent
s’enroulent sur elles-mêmes
au ciel qui se griffonne
au soleil, en bohème,
Les allées du cimetière
s'alourdissent à la nuit
et s'envolent les prières
entre les parapluies,
Le pas lourd du silence
ruisselle sur les visages
Les feuilles mortes dansent
liant le temps, les âges,
Chut,
Chut,
Chut …
Sandrine DAVIN
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Le silence
Je suis le silence mais je prends la parole,
Dès lors j’accuse ces gens bruyants et frivoles
Qui sans pitié me percent, me brisent, me violent.
Je suis le silence mais je ne puis plus me taire
Quand j’entends vos voitures, vos bulldozers
Qui ont fait de ce monde harmonieux un enfer.
Je suis le silence mais je vais disparaître
Car le bruit mon vil ennemi m’a pris en traître.
Par vous, ses valets, sur terre, il règne en maître.
Je fus le silence, malheur je ne suis plus.
Adieu tranquillité, repos, je vous salue.
Adieu méditations, prières, tout est perdu.
Augustin de La Roche
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Il y a des silences
Il y a des silences profonds comme des abîmes
et des silences dont l’ivresse vous emporte
vers les plus hautes cimes
Il y a des silences plus lourds que les ciels d’orage
et des silences où l’on entend les cœurs
battre à l’unisson
Il y a des silences peuplés de cauchemars
et des silences où l’on navigue
entre rêve et poésie
Il y a des silences au goût de trahison
et des silences où la moindre parole
briserait l’harmonie
Il y a entre toi et moi en forme de clin d’œil
un silence tendre et complice
où se dessinent peu à peu
les contours du bonheur
Jacques DÉcrÉau
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Éclairant son ombre
la lune dissipe
le silence
Hélène DUC
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Bruit ou silence ?
J’ai vécu des années dans une grande ville
De toute part cerné par le bruit des moteurs
Des signaux de pompiers et des marteaux-piqueurs
Créant autour de moi une ambiance hostile
Aussi en retrouvant de ma maison l’asile
Je ne supportais pas ni musique ni heurt
Et pour sauvegarder du calme la rigueur,
J’obligeais mes enfants à se tenir tranquilles
A présent, je vis seul dans cet appartement
Et l’absence de bruit y règne tellement
Qu’une angoisse m’étreint d’entendre ce silence
Alors, pour retrouver un fond de vie palpable
Et pour ne plus souffrir d’un vide insupportable
J’allume la radio très fort, en permanence
Lucien DURAND
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La ville du paisible silence
La bicyclette me mène comme le vent
Vers le point de fuite
Vers la maison de la sérénité
A travers les bois par-delà les ruisseaux
Hors de la petite ville un lundi matin
Dans le silence j’entends
Cà et là
Un chant d’oiseau
Une brise entre deux nuages
Les feuilles des arbres et une douce lumière blanche
Sont entrelacées et semblent cacher des mots secrets
J’ai oublié ma ville natale
Je veux habiter seulement
La ville du paisible silence.
Suzanne EL LACKANY
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Le silence
« , ;
. .
, , !
, . »
« ! ! ! , ! !
, .
, .
; . . »
« , .
, . »
J’aime quand tu es près de moi
Quand on ne dit rien et tout à la fois
Florence FERRI
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Silence
Nuit,
les ombres des arbres
se retournent au dernier regard du soleil
qui fuit
et s'évanouissent en nuages gris..
Le paysage
lourd de sommeil
s'enfonce dans le sol noir
refermant comme un livre du soir
les végétaux gorgés de lumière
assagie...
Dans un air improvisé,
En chaussons de lune,
sur sa couverture brune
le silence danse,
libéré.
Claudine FLAMENT
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Rompre enfin le silence
Hier au soir encore il a été violent.
Elle a peur, elle a mal, elle est tout en souffrance.
Qui peut comprendre ça ? Qui peut l’aider vraiment ?
Elle se sent tellement mal qu’elle garde le silence.
Hier au soir encore elle n’a pu se défendre.
Il a crié tapé poussé secoué cogné,
Elle a hurlé aussi mais personne pour entendre…
Elle est sa prisonnière quand la porte est fermée.
Il l’aimait paraît-il, mais tout a bien changé.
Maintenant il prend goût à la voir en souffrance.
Elle a mal, elle a peur, elle ne peut plus penser.
Elle subit, elle se brise, mais garde le silence.
Jusqu’au jour où peut-être, elle pourra en parler,
Raconter la violence, raconter la terreur,
Rompre enfin le silence pour ne pas s’écrouler,
Pour espérer enfin un avenir meilleur !
Anne FOURNIER
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En silence passer
comme savent passer les ombres
- ou les nuages -
Nicole GREMION
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Le silence dehors, le silence dedans
Le temps s’est arrêté sur un livre d’images
Un moment écorné en absence de vie
Les lunettes posées gardent encore la page
Du dernier souvenir qui prépare la nuit.
Le souffle du matin qui n’a plus rien à dire
Retient le clair-obscur d’un instant silencieux
Et la bougie se meurt dans ses larmes de cire
En attendant en vain un renouveau précieux.
C’est un coin de regret, un moment de douleur,
C’est le vide pesant d’un regard effacé,
Pourtant sur le parquet gît comme abandonnée
Une clé qui délivre et relance les heures.
Le temps s’est arrêté sur la dernière page
Espérant que la main animée de douceur
Reprenne la lecture du tout dernier passage
Les aiguilles filant au rythme de son cœur.
Catherine HIRZEL
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Le silence de minuit –
j’écoute comme traversent les vitres
les rayons de lune
Letitzia Lucia IUBU
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Silence …
Parfois il me parle,
sur les pétales caressés par le vent,
à l’ombre oubliée d’un sourire.
Il illumine et accompagne ton regard
jusqu’à la surface des eaux qui voyagent,
à la rencontre des rochers marcheurs
venus de la mer.
Il s’en souvient et te porte
dans les trajets aériens de la musique,
les espaces du cri,
jamais sur la morsure du temps.
Il est silence,
aux noces des mots,
et lui seul sait rendre muettes
les paroles qui sont miennes.
Regarde-le, écoute-le.
Il se fait oublier déjà.
Dib KENZY
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La nuit m’enveloppe
dans l’ample voile bleuté
du silence. Pause.
Loin de la fureur assourdissante des jours, de la pollution sonore, de l’agitation des villes,
des paroles obligées, des voix intérieures obsédantes, des cris
pour tromper la solitude et l’ennui,
tout mon être en éveil se tend pour saisir le souffle des heures propices
qui m’entraîne vers mon trésor intime.
Alors se révèle une musique presque imperceptible :
le doux murmure du vent ainsi qu’une caresse
le bruissement des ailes soyeuses d’un oiseau
les chants ou les appels indéterminés des peuples nocturnes
le clapotis de l’eau déchirée par les poissons en quête de nourriture
le doux frou-frou des étoiles dans un petit chiffon d’azur bleu comme a dit le poète.
Le silence s’apprivoise... Ecoutons sa subtile harmonie emplie d’espérance
pour taire nos peurs.
Denise Lajournade-BERNHARD
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Le silence du chat
Même le chat
L’ami, le compagnon des poètes maudits
… Il miaule !!!
William LAURENT
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Silences
Silence duveteux de la neige, tracé de pattes d'oiseaux
Silence hypnotique de la brume, voiles affaissées,
odeur ailée de la mer, le temps reste suspendu à l'âme,
Silence lourd de la montée de l'orage
Fulgurance de l'éclair au creux noir des nuages
Silence mystique de la chapelle, encens et vitraux,
recueillement
Silence apeuré des galets bleus à marée basse
Silence léthargique, les volets fermés,
Silence cruel à la demande de pardon
Silence doré des dunes brûlantes
exhalant des ondulations serpentines
Silence de la rosée du petit matin,
vibrant de toiles arachnéennes emperlées
Silence intense de plénitude, joie rayonnante
Claude LIOUX
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Plein chant
Plein chant :
Un parasol d’oiseaux
me protège du silence
Liska
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Le silence
Quand on observe le silence
On voit le monde en parfaite transparence
On ne voit que l'essentiel de ce qui est à connaître
Voire ce qu'on doit être
Quand on observe le silence
On est dans l'universel espace
La où on touche les couches profondes de l'invisible
Pour quitter le sensible vers l'intelligible
Quand on observe le silence
On y voit bien le fond des choses comme essence
Car dans le silence, on n’entend que l'essentiel
Bocar Abdoulaye N'DIAYE
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adieu
ne m'écoute pas
je suis le silence
la valise à la main
j'attends sur le quai
sur le quai de la vie
comment construire
avec les mains pleines
ne m'écoute pas
le temps s'écoule
le quai est rude
le silence aussi ...
Rosemay NIVARD
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Ça va ?
Derrière le sourire figé de l’autre
Ne voyant pas son désespoir
Chacun cachant à l’un, à l’autre
La douleur de ses nuits noires
Bonjour ça va, oui ça va
Des mots banals échangés
Bonjour ça va, oui ça va
Surtout n’pas dire quand ça va pas
Derrière toutes ses mains serrées
Tous faisant bonne figure
Pansant chacun son âme blessée
Et ne montrer aucune fêlure
Derrière les regards inachevés
Voir le faux et pas le vrai
Chacun passant tout à côté
Du frère blessé, de l’être aimé.
Dominique POTHIN (Le Yab)
(Le yab est le nom donné aux petits agriculteurs de « race » blanche à l’Ile de la Réunion)
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Pluie de silence
sur lignes blanches
J'écris
Khun SAN
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Persévérance
La feuille se détachant de l’arbre m’a brisé
mais je suis plus éloquent que l’automne
Le chuchotement des amoureux m’a troublé
mais je suis plus résistant que l’amour
Le tonnerre m’a interrompu
mais je suis plus puissant que la foudre
Le roulis des vagues ne me laisse jamais en paix
mais je suis plus vaste que l’océan
Je suis la langue de l’univers
qu’aucun Babel ne peut abattre
parlée par les planètes
articulée par les étoiles
Je suis le silence.
Diana SI
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Un TGV file
laissant derrière lui
l'écho du silence
Keith A. SIMMONDS
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Far West
Ecume de poussière à l'horizon,
Clameur montante de la horde sauvage,
Ruades, débandade de bisons,
Sabots frémissants de rage,
Fureur haletante des lassos,
Algarades, cascade de jurons...
Les Cow-Boys envahissent le plateau !
Tout le monde en place, attention !
Silence, on tourne !
Joëlle TEULAT
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Silence !
Comme patins feutrés sur un parquet ciré,
Silence !
Comme les pas prudents d’un visiteur nocturne,
Silence !
Comme glace qui fond au soleil de midi,
Silence !
Comme un papillon fou qui butine une rose,
Silence !
Comme des pétales qui tombent d’un bouquet,
Silence !
Comme un lecteur sage sous la lampe d’hiver,
Silence !
Comme un tendre secret qu’on garde au fond du cœur,
Silence !
Et comme un qui se tait, n’ayant plus rien à dire,
Silence !
Michel TOYER
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L'étude du silence
la nuit j'étudie le silence
il n'est jamais le même
il varie d'une nuit à l'autre
d'une saison à l'autre
les silences de l'hiver accompagnent
la cadence lente des vies retenues
ceux de l'été boivent aux fontaines de l'amour
et se nourrissent de l'attente
ceux de l'automne plient dans la cambrure
des arbres où les fruits ont mûri
ceux du printemps ont le frémissement des bourgeons
et le rouge aux joues des enfants
la nuit j'étudie le silence
je le retiens jusqu'au poème
qui naîtra avant l'aube
dans un cri de lumière
Françoise URBAN-MENNINGER
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Silence qui blesse l'absence
d'une présence ou d'une conscience
J'ai longtemps brûlé les mots
un à un sur le flambeau
J'écoute le bruit du rien
d'un tout mais pas du mien
J'ai dessiné ton contour
d'un geste noble et sourd
J'ai hurlé ta déraison
mille fois creusé au sillon
Silence, chut... ne dis plus rien
Laisse la sonorité glaner au loin
Nathalie WITEK
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Le silence de zen
Il est assis sur un coussin,
dans le silence frais du matin,
le corps posé en évidence,
l’esprit ouvert en résistance.
Le maître a fait vibrer la cloche,
Pas un sourire, rien qui accroche,
ce souffle qui sort des poitrines,
On l'imagine, on le devine,
le silence a ouvert ses ailes,
et le mur blanc est l'une d'elles
qui enveloppe et qui soumet,
les pensées qui passent en secret.
Des heures lourdes, conscientes et pures,
une longue plongée, une aventure,
dans le silence ouaté du zen,
même le silence est phénomène.
Youssef ZERININI
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