30 Rencontres avec "L'empreinte"

 


Papillon

 

Sur ce coquelicot que la brise fléchit,

Un papillon fragile aux ailes de satin

S’est posé doucement ; d’un mouvement soudain,

J’ai saisi l’animal palpitant et transi.

 

Dans ma main bienveillante et chaude il s’est blotti

Puis il s’en est allé, gracieux, vers son destin,

En laissant sur ma peau, fantasque magicien,

Une empreinte dorée lentement affadie.

 

Ainsi j’ai retenu ton cœur aventureux

Avant qu’il ne s’envole un jour vers d’autres cieux,

Déposant sur mon âme une trace irisée.

 

Mais le Temps qui se plaît à nous rendre amnésiques

Efface peu à peu ce que tu as semé,

Et la vie continue, douceâtre et nostalgique.

 

Maxime ARLOT
_____________________________________________

sentir sous la langue

de la cerise choisie

l'empreinte du bec

 

isabel ASÚNSOLO
_________________

Trace du passé

 

Il est, aux environs de la vallée du Lot,

Dans ces vertes collines où autrefois les grottes

Servirent de refuges à nos aïeux lointains,

Un lieu magique et souterrain.

 

C’est le puy de Pech-Merle où fut gravé jadis,

Dans l’argile du sol, un émouvant indice :

Une empreinte de pas laissée par un enfant,

Agé d’à peine quatorze ans.

 

De ce pied imprimé dans la marne fossile

On croit voir s’élancer le corps nu et gracile

D’un gamin dont personne ne saura jamais

S’il jouait ou bien s’il fuyait.

 

Parmi tous les témoins venus du fond des âges

Aucun ne saura vous émouvoir davantage

Que ce sol où laissa une trace vivante

L’Humanité adolescente.

 

Pierre AUBRY
______________________________________

Humanoïde empreinte

Petits pas,

Pas à pas,

Pas de loup,

Ou pas de géant,

Sur la terre rouge sang,

Les pas de l’homme

A jamais figés,

Dans un éternel tourment.

 

Michelle BEAUDEQUIN

____________________________

 

Oświęcim

 

Là, les rails qui menaient au quai du premier choix

Pour le Kanada: l'or, toute la joaillerie,

Les bagages marqués, même l'épicerie.

Au Metzik, les requis pour les pires emplois.

 

Près des rouleaux de ˝crin˝,  je m'arrête sans voix:

Les cheveux féminins  vendus à l'industrie,

Cette matière humaine exploitée en série,

Par une  "bête immonde", aujourd'hui, je la vois.

 

Dans les douches, horreur ! J’entends monter les plaintes

Et les ongles creuser au plafond les empreintes

D'une atroce  escalade au dernier filet  d'air.

 

Quel Humain oserait anéantir ces traces ?

Des ténèbres, la haine envers les autres ˝races˝

Souffle  toujours hélas !  sur les tisons d’hier !

 

Pierre BERNARD
______________________________________________

 

D’une sève blanche et noire

 

Cet élan qui m’emportait avait la saveur

Des brousses infinies, terres de résiliences

Où les longues pistes sèches des voyageurs,

Y boivent pas à pas la sueur des errances.

 

Dar Na* trop embrasé de soleils et d’orages,

Où les hommes longtemps esclaves sous le joug

Parfois encore soumis à tous les outrages,

Pourtant savent rire, marcher, être debout.

 

Dans l’attente vaine d’une aube fraîche et neuve,

Toi et moi nous avons erré sous l’harmattan,

Et, battus d’ouragans, descendu le long fleuve,

Oublieux des peines, glorieux de nos enfants.  

 

Sur les rives se sont enfoncés nos pieds nus,

Las ! Les sables d’antan en ont perdu mémoire,

Mais du pays, dans nos cœurs maintenant chenus,

L’empreinte y palpite de sève blanche et noire.

 

Lucienne BONNOT-BANGUI

 

*Dar Na : Notre pays

_________________________________

Salmigondis

Grand-mère butinait aux détours de sa vie

Récoltant ça et là une curieuse moisson.

A mes pieds, disait-elle, s'en trouvait le fruit :

Tout un sac rempli d'empreintes de collection !

 

Celle d'une clé des champs coincée dans la porte du printemps,

D'un œuf de Colomb trouvé dans une chute de grêlons,

D'un moulin à parole qui ne s'exprimait qu'en créole,

Ou d'un timbre de voix résonnant sur un grand pavois,

 

La trace d'un bol d'air trouvé, enfant, en bord de mer,

Celle d'un brin d'amertume cueilli sur le bitume,

La vergeure d'un clou de spectacle sauvé par miracle,

Des pas sur une lune de miel, don de grand-père Daniel.

 

Imaginez ma hâte de découvrir tous ces délices !

Ce n'est qu'en déliant le nœud que je la sus comparse

Car le sac vide n'était qu'un sac à malice

Qui saisit illico l'empreinte déconfite du dindon de la farce.

 

Françoise BOUCHET
___________________________________________________

Brouillard à Auschwitz -
pas âme qui vive
sauf la mémoire

 

Claudie CARATINI
__________________

ronds dans l’eau…
l'empreinte du rameur
à chaque ploc

 

André CAYREL
_______________

Ton empreinte

 

Dans l'obscur,
parmi mes souvenirs usés par l'oubli,
il y a toujours un chemin où dort ton empreinte.

Un chemin dans la nuit
bordé de vitres sombres
où tes doigts laissent encore des traces sur les carreaux.

Un chemin que des étoiles dessinent en pointillés,
au-delà de cette vie
où tes pas ne font plus crisser les escaliers
enfoncés dans l'absence…

Parmi les choses qui se gâchent
avec le temps,
un chemin auquel me guide
la caresse éteinte de ta main,
et ton empreinte dans mon cœur
que rien n’efface.

 

Abdelmoula CHAALI

__________________________________________

Empreinte d'un pas
Au fil du sentier
Le passé au présent
Trace notre demain.

 

Henriane CHOLIN
__________________

Le temps

Visage d'enfant,

Passent quatre-vingts printemps,

L'empreinte du temps.

Dominique CHOUART
_________________________

Arménie

 

Une voix qui transmet et l’enfance écoute.

 

Doucement, j’ai appris la force de mon peuple

Sa longue histoire. J’ai senti dans ses chants

Ses contrastes subtils, ses envolées de vie

Que la mélancolie toujours effleure.

 

Si loin de l’Ararat, tant d’exils douloureux

Désespérer mille fois mais croire encore

Jusqu’à l’extrême, jusqu’au bout de soi-même

Croire. Mes aïeux, ma fierté.

 

Arménie

Au plus profond de moi

Prégnante et protectrice

Ton empreinte.

 

Monique CHRISTOFILIS

___________________________________________


Pech-Merle

 

Le moulage d’un pied dans un écrin d’eau pure

Le contour d’une main dessinée sur un mur

Me renvoie ce matin à des milliers d’années

L’aube d’un monde éteint m’invite à rêvasser

 

Cette marque d’enfant, cette main négative

Me troublent maintenant et mes pensées dérivent

Cet enfant jouait-il, fuyait-il pour sa vie

Le peintre invitait-il, marquait-il l’interdit

 

L’argile d’une empreinte ainsi qu’une main peinte

D’hommes si peu nombreux illuminent ce lieu

Cette ère glaciale, ce règne minéral

 

Un pas éphémère ou un signe volontaire

De ceux qui marchèrent en pleine liberté

Entourent l’odyssée première de mystères

Dominique CORBILLET
______________________________________________

Sur le sable

 

Je me souviens d’un jour, c’était à marée basse,

Nous marchions tous les deux tout au bord de l’estran.

La plage était si longue et l’océan si grand

Que jusqu’à l’infini s’étirait notre trace.

 

En étreignant mes doigts, tu m’as dit à voix basse

« Je voudrais, avec toi, que dure cet instant,

Que mon cœur, près du tien, connaisse pour longtemps

Un amour infini comme le sont ces traces »

 

Mais le flot revenu a effacé l’empreinte,

De la même façon notre ardeur s’est éteinte,

De nous, de notre amour, rien ne subsistera.

 

Je pense, en revenant marcher sur cette plage,

Et en voyant mes pas imprimer leur image

Que ce qui fait ma vie, un jour s’effacera.

 

Lucien DURAND

__________________________________________

 

lune de glace

les traces de pas du chat

montent vers l’étoile

 

Geneviève FILLION
___________________

Marine

 

Un matelot tout imbibé de sel
A croisé ma route
C'était là mon destin sans doute
Que la mer est belle !

 

Il en demeure un creux dans mon lit
Sa saveur imprègne mes draps
Je défroisse mes plis
Et j'étire mes bras

 

Comme un embrun son haleine
A chargé ma peau
D'un goût d'algue, de Marenne
D'une odeur de coraux

 

L'impression qu'il emplit encore
Les criques de mon corps
Je me sens comme creusée
Il a mon cœur emprunté

 

Jocelyne FOREST
_________________________________

 

A mon père

 

J’ai tant appris de lui, sur la valeur des choses,

Sur le parfum des roses et le soleil qui luit,

Sur le jour qui s’oppose aux noirceurs de la nuit,

Que me pèse aujourd’hui l’absence de sa prose.

 

J’étais adolescent quand il s’en est allé

Et pourtant j’ai chialé au-delà du décent

Des sanglots étalés faits de flots incessants

Que mon corps impuissant laissait se déballer.

 

J’ai gardé son image enfouie au fond du cœur

Et dans mon âme en pleurs les traits de son visage.

Guidé par ces douceurs j’ai traversé les âges

Pour oser, dans ces pages, dévoiler ma ferveur.

 

Lentement, dans ses pas, indélébiles empreintes,

Pour avancer sans crainte, j’ai déposé mes pas.

Ma douleur n’est pas feinte et depuis ton trépas,

Toujours pour toi, papa, mon âme y est astreinte.

 

Paul-Jean FOURNIER

____________________________________________

au long du chemin

la neige fait le compte

de nos pas

 

Damien GABRIELS
________________

De Gorée

 

Il est une maison, d’ocre et de rose, peinte,

Vibrant dans la splendeur d’un soleil indécent,

Malgré la violence de la mer rugissant,

L’on y perçoit parfois comme une étrange plainte.

 

Une honte vivace a laissé son empreinte,

Le cliquetis des chaînes aux chevilles en sang,

Le claquement du fouet, métronome incessant,

Sur le mur cette trace, une larme qui suinte.

 

Des rives du grand fleuve aux plus sombres forêts,

Guerriers mandingues peuls ont été capturés,

Razziés par les leurs avec sauvagerie.

 

Griot, racontez-nous pour ne pas oublier

L’effroi du Bois d’ébène encaqué par milliers

Dans l’enfer exigu de cette esclaverie.

Marie-Claude GALLOYER
______________________________________

L’empreinte

 

Tu voulais vivre incognito

Libre comme l’oiseau du ruisseau

Comme l’air ou le vent

Et pourtant,

Ton doigt en pointillés,

Ton pas, sur le sable mouillé,

Ton portrait dans la neige…

Autant de pièges

Pour te débusquer, te saisir ;

Ne cherche pas à fuir.

On te retrouverait…

 

Danièle GARDENT
_______________________________

Dans mon jardin

 

Dans la neige de mon jardin

Une empreinte est née ce matin ;

Celle d’un tigre ou bien d’un loup,

La patte d’un ogre jaloux ?

 

Ne redoutant ni froid ni peur,

Je suis sorti, vaillant trappeur,

Armé d’un arc, d’un cimeterre,

Traquer ce monstre sanguinaire.

 

Un jour entier, je l’ai guetté,

Mais je n’ai pas pu l’attraper :

Je n’ai vu passer qu’un matou

Qui pourchassait quelque toutou.

 

Soudain, comme un coup de fusil,

Un cri perçant a retenti !

C’était Maman qui m’appelait

Pour boire un chocolat au lait.

 

Jean-Paul GUALBERT
____________________________


Au bord de l’immense plage baignée de soleil et de vent

je marche les pieds nus

et la trace en creux de mes pas me suit dans mon ombre

comme l’attente d’une solitude.

 

Je me couche sur la grève dans l’écume des vagues

qui montent doucement vers les dunes et les pins

tout mon corps ruisselant s’incruste dans le sable

noyé de mousse blanche comme un drap dans un lit

et la mer va et vient en une longue caresse

elle me prend puis me laisse, dorée et alanguie

rêvant d’amour sans fin au pays des sirènes.

 

Quand une vague s’en va, vite je roule de côté

et je regarde l’empreinte de mon corps ôté

je suis deux fois couchée, un couple à moi toute seule

mais la vague revient, l’illusion est passée

à nouveau je suis une, et fidèle, et cassée.

 

Clotilde GUÉRINEAU

___________________________________________________

neige sur le pont -
mes pas dans les pas
d'un inconnu

 

Eric HELLAL
________________

Morte-saison

 

Sur la grève déserte où dansent les mouettes,

Je marche, les pieds nus, à la morte-saison.

Soudain, je vois jaillir du brumeux horizon,

Tendrement enlacées, deux fines silhouettes.

 

Me revient à l'esprit le souvenir du temps

Où nous étions heureux, où tu m'aimais encore.

Épris, nous conjuguions, en un parfait accord,

Plaisirs, joies et projets, au rythme des printemps.

 

Puis, un ange apparut, irisant l'univers

De soleils étoilés, de bulles féériques.

Nous bâtîmes, tous trois, un royaume magique

Dans un jardin secret aux arbres toujours verts.

 

Mes pas se font pesants qui estampent l'empreinte

De ma vie revêtue du sceau de la douleur.

Le sable humide imprime un récit de malheurs.
Où rejoindre l'enfant dont la voix s'est éteinte ?

 

Claudine HILLARD

__________________________________________

Quelle empreinte ?

 

Que restera-t-il

De mon passage ici-bas

Des babioles en pagaille

Des photos jaunies

Des souvenirs à la pelle

Des rêves envolés

Une empreinte de l’ordre de l’invisible

 

Une issue encore imprévisible

Un ciel déjà voilé

Une descente sans rappel

Des jours peuplés de monotonie

Le revers de la médaille

Une vie de combat

A ce point futile

 

Valérie HILLEVOUAN
_____________________________

Retournez empreinte
nostalgie contre avenir
il viendra printemps.

 

Annie HUPÉ
________________

L’empreinte

 

Sur le sentier

Il avait laissé son empreinte

Tant de pas

Tant de passages

Tant de partages

Les pétales de roses

Dans une folle farandole

Se posent

Se déposent

Se reposent

Effacent sa trace

Son empreinte

C’est le printemps

 

Yolande JOUENNO
____________________________

La vie

Etre
Mourir
Prospérer
Réussir ou
Echouer
Imprimer
Noir sur blanc
Ton histoire tes valeurs
Et tes empreintes

 

David Albert

Kamdem Deffo Ninyim
_________________________

L’empreinte mystérieuse...

 

La trace était bien sèche

Et le contour bien net !

L’empreinte d’un grand pied

Qui s’était enfoncé

En laissant supposer

Le lourd poids des années.

Le pied était énorme

Bien plus gros qu’un peton ;

Etrangement autour

Il n’y avait pas trace

De son Alter Ego.

Et on ne savait plus

Sur quel pied on dansait :

Celui-là ou bien l’autre ?

Celui qui s’offrait là

Ou celui d’au-delà ?

 

Eric LECHEVALIER
___________________________

Fête des mères -
cinq petits doigts potele
́s
dans la pâte à sel

 

Marie-Alice MAIRE
___________________

Homme, ton empreinte...

 

De celle de tes doigts

Sur les parois noircies,

A celle de ton pas

Sur l’astre de la nuit,

 

En tout lieu, de tout  temps,

Tu as marqué ton passage,

D’un signe, d’un monument,

D’un nom sur une page

 

Ton empreinte, aujourd’hui,

Des gestes un peu moins sages.

La Terre te subit,

Tu changes son visage.

 

Veux-tu que tes enfants

Ne trouvent en héritage,   

De ce monde vivant

Que de simples images ?

 

Martine MERCADIER

________________________


Paysages vivants

 

     Sur ton doux visage

Les rides du temps passé

      Empreintes de vie

 

Catherine MIGY

_______________________

 

L’empreinte de l’hiver

 

Je regarde le lac gelé

Impénétrable secret de pureté

Caché au creux de l’hiver

Quelques congères éparpillées

Cristaux de neige ensoleillés

Étincellent dans la lumière

Dans cette somptuosité

Quelques sapins emmitouflés

Posent leurs sombres touches de vert

La beauté ineffable du paysage

Ouvre la blancheur de sa page

Pour accueillir mes rêveries

J’inscris dans l’ombre de sa marge

Des traces de pas, tel un sillage

L'empreinte d'un horizon infini

Qui guide mes yeux éblouis

 

MIKA

_____________________________

Toi

 

Quelques mots glissés

Dans un pli enflammé

C’est l’empreinte de toi

Une empreinte pour moi

Marque de séduction

 

Quelques photos laissées

Sur une nappe de papier

C’est l’empreinte de toi

Une empreinte pour moi

Marque de partage

 

Quelques lettres gravées

Sur un anneau argenté

C’est l’empreinte de toi

Une empreinte pour moi

Marque d’alliance

 

Caroline MOAL
_________________________

 

L’agave et l’aloès

 

L’agave et l’aloès sur les bords des chemins

Gardent le souvenir de nombreuses griffures

Les amants de passage ont gravé à la main

Sur leurs feuilles charnues l’ombre de ce qu’ils furent

 

Comme un écho muet, conservées sur leur tige

Ces empreintes racontent une entente qui dure,

Un rendez-vous furtif mais que la saison fige,

Et s’inscrivent profond dans la grasse verdure

 

Lorsque les saisons passent demeurent les serments

Que l’on devine encore sous les grands cœurs barrés

Ils ne sont maintes fois, sans divulguer comment

Que fragiles vestiges d’amoureux séparés

 

Les secrets que l’agave cache dans son feuillage

Ces lettres enlacées, ces amas d’armoiries

Se trouvent célébrés comme un glorieux mariage :

Une fois dans sa vie, le voilà qui fleurit !

 

Philippe NARMIN

____________________________________________

L'Empreinte

 

Ce bel enfant, tout juste né,

Qui ouvre grands des yeux dorés,

Dans son berceau, si vulnérable,

Comment le protéger du diable ?

 

Il nous faudra — et sans tarder ! —

Le présenter au grand sorcier,

L'homme choisi parmi les sages

Pour prendre soin de ce village.

 

C'est lui qui s'adresse aux esprits,

Au nom de nous autres Tutsis.

Tellement grande est sa magie

Qu'on lui confierait nos vies.

 

En bénissant notre bambin,

Il grave au couteau sur ses mains

Quelques minuscules entailles

Qui le protégeront sans faille.

 

Julien NÖEL
_____________________________

 

L’empreinte des ans

 

Elle paraît bien petite, comme tassée sur elle-même,

Son visage penché, elle semble s’être assoupie.

Elle n’est pas la seule, les autres sont comme elle,

D’apparence insensibles aux passages et aux bruits.

Le beau salon télé de la maison de retraite,

Ouvert sur un grand hall et donnant sur l’entrée,

Est clair et lumineux, même au creux de l’hiver.

Mais l’heure est au repos, après le déjeuner.

 

L’animatrice souriante, arrive et propose :

" Si l’on faisait un feu dans la belle cheminée ?… "

 

A peine les flammes dansent que tous les yeux pétillent.

Adieu l’empreinte des ans et bonjour la gaîté,

Le feu, comme par magie, a redonné la vie.

On égrène les souvenirs, on parle de tout de rien.

 

Et la toute petite femme, toute ragaillardie

D’une voix claire, joyeusement demande : " Est-ce l’heure du goûter ? "

 

Claude OLIVAUX

_____________________________________________________

Signes tracés sur le papier

 

Rondel

 

Signes tracés sur le papier,

Fragile empreinte sans visage,

Paroles effleurant le rivage,

Brève missive à contre-pied,

 

Ancien mémoire estampillé,

Phrases limpides et sans ambages,

Signes tracés sur le papier,

Fragile empreinte sans visage,

 

Tendre murmure au vent léger,

Rare et précieux témoignage

Ignorant les méfaits de l’âge,

Hérauts, superbes messagers,

Signes tracés sur le papier.

 

Brigitte PELLAT
____________________________

L’empreinte

 

Trace de pas,

Patte de chat.

Laisse ton empreinte,

Sans crainte.

Fais-le, à ta manière,

Même si ce doit être la dernière.

N’aie pas peur,

Laisse s’éparpiller ton bonheur.

Pour que sur cette terre,

Au milieu des mers

Il y ait une trace,

Que ton futur retrace.

Alors laisse ton empreinte,

N’aie plus de crainte.

 

Mélodie PINCHON
___________________________

Empreinte

 

Je garde au fond de moi l’étreinte de ma mère,

Quand je ferme les yeux, la douceur du câlin,

Les obus ! Dans la chambre, les volets pleins d’éclairs.

Le goût du chewing-gum du grand Américain.

 

Je vais voir mon grand-père, qui vient de disparaître,

Parmi les cyprès noirs, le jour de la Toussaint,

Février, j’ai très froid ! Ce soir, je viens de naître.

Noël ! J’attends la fin de la messe en latin.

 

Dans leurs lucarnes, j’entends les pigeons qui roucoulent,

La fanfare de trompettes s’entraîne au bar voisin,

Ma première communion, dans l’église, la foule.

 

C’est l’été, au vieux fond les jeunes vont au bain.

Ces instants de bonheur, de tristesse et de crainte

A jamais dans mon cœur ont gravé leur empreinte.

 

Guy PONTHOU
_____________________________________________


L’empreinte de nos vies

 

Elle effleure mes rêves, car l’habitude vient,

De garder sur mon corps, l’empreinte de ses mains,

Elle ne leurre personne, quand ses larmes s’éteignent,

Sur le bout de mes doigts, moi je deviens aphone.

Elle caresse ma vie, de ses yeux océan,

Ses regards, c’est écrit je suis gravé dedans,

Elle me donne ses mots qui deviennent nos phrases,

D’autre littérature nous faisons table rase.

Elle m’apporte ses lèvres, sur la pointe des pieds,

Quand elle me fait ça, vivre me fait pleurer,

Elle remet des couleurs, fait se lever le vent,

Redémarrer mon cœur, il y avait longtemps.

 

Elle et moi dans nos rêves, car l’habitude a fait,

De garder sur nos corps, l’empreinte de nos vies.

 

Patrick POTIER
__________________________________________


Empreinte

 

Une empreinte de pas sur le sable mouillé

Va mourir, éphémère, sous le fracas des vagues

Mais l’empreinte d’un doigt sur le papier noirci

A jamais scellera l’humaine identité,

Et sur la terre humide au clair-obscur des bois,

Chaque bête écrira dans la glaise docile

Sa griffe ou son sabot pour sculpter son passage.

Puis, sur nos âmes tendres, l’empreinte des malheurs

Coudra des cicatrices souvent  indélébiles,

Tandis que nous verrons parfois autour de nous

Les nimbes du bonheur modeler de lumière

Un sourire où naîtra l’empreinte du bien-être…

Humains et animaux gravent comme ils le peuvent

Quelque part dans le monde leur preuve d’existence,

Ainsi de lieux en lieux, ainsi d’ères en ères,

S’inscrit en signes forts la Marque de la Vie.

 

Frédérique RAMOS
__________________________________________

Retrouvailles -

l'empreinte du temps

Effacée

 

Valérie RIVOALLON

___________________

Sur un fil de lumière

 

dans la vieille buanderie

des bassines en zinc

exhalaient leur haleine

jusque dans la gorge du jour

où des linges fumants suspendus

sur un fil de lumière

effrangeaient la ligne d’horizon

 

ruisselants de blancheur

les draps égouttaient leur torpeur

dans le ciel lessivé

qui a gardé dans son bleu éthéré

l’empreinte d’une image limpide

celle de ma mère qui torsade à l’infini

l’azur tout trempé de clartés

 

Françoise URBAN-MENNINGER
________________________________

L’empreinte

 

L’empreinte digitale

du nom de la fleur !

 

L’empreinte dans le sol

du nom de la note !

 

L’empreinte de toi

gravée dans mon cœur !

 

Je marche dans tes pas

Je ris et je pleure

Je m’endors et sursaute

Amoureuse de la vie

Que je croque

Avec les mots et en couleurs.

Pierrette VERGNEAU
________________________




Pour commander cliquer ICI


email : info@lesadex.com